Historique
L'origine du karaté remonte à la nuit des temps, et
du fait, se confond avec la légende. Les combats ont toujours
existé et suivi l'homme comme son ombre et, forcément, il
y a toujours eu des formes plus ou moins élaborées de
combat. Les premiers vestiges de techniques codifiées de combat
remontent aussi loin qu'à l'époque de la Perse antique et
de l'ancienne Égypte et peuvent encore aujourd'hui être
observées dans les pyramides. Les Grecs, puis les Romains ont
à leur tour développé leur forme de lutte et
d'escrime pugiliste et pédestre, le pancrace. Des techniques de
combat du moyen Orient se seraient parallèlement
développées puis propagées vers les Indes, alors
qu'à la même époque en extrême Orient et en
Asie du Sud-est se forgeaient des techniques locales de lutte et de
combat .
Puis arrive un homme incontournable dans l'histoire des arts martiaux :
Bodhidharma (Daruma en japonais). Moine de l'Inde méridionale,
il vint en chine en 520 ap. J.-C., pour y prêcher la doctrine
bouddhique du Grand Véhicule (Mahayana; T'chan en chinois; Zen
en japonais). Après bien des pérégrinations, il
s'installa au royaume de Wei, au monastère de Shao-lin-su
(Shorin-ji en japonais) dans la province de Honan. On raconte qu'il
s'abîma dans une méditation de neuf ans, face à un
mur de pierre, à la suite de laquelle il déboucha sur une
connaissance éclairée du monde, mais où il perdit
l'usage des pieds et des mains pour un temps.
L'illuminé conclut que la recherche du Satori (illumination) par
le Zen ne devait pas se faire au détriment du corps, mais
plutôt dans une optique d'unité, d'union corps esprit, et
enseigna une gymnastique à ses moines afin que ceux-ci se
fortifient : les 18 mains de Lo Han (ou les 18 Arhats). Concentration,
respiration, travail sur la force interne du corps, pratique
d'exercices pénibles pour permettre l'élévation de
la conscience et la fortification de la volonté... Tous les
éléments essentiels des arts martiaux apparaissent
déjà dans la technique que le moine ne cessa d'enseigner
jusqu'à la fin de ses jours.
À la grandeur de la Chine se développeront des techniques
de boxes chinoises, certaines axées sur la souplesse et la force
interne, d'autres plus de force et de vitesse. Viennent ensuite les
traumatisantes invasion mongoles, qui enrichissent néanmoins les
boxes chinoises de nouvelles techniques. Il en résulte le Lung
Hua Chuan (prises) et le Ch'in Na (Clefs de bras)
Au XVI ème siècle, Chueh Yuian, un jeune moine
passionné de Shaolin, décide de compiler les techniques
du Shaolin-su-kempo et tente de redonner un nouveau souffle aux
techniques que les moines ont négligé et dont plusieurs
se sont perdues. Il en énumèrera 72. Insatisfait, il part
en pérégrinations au travers la Chine et rencontrera deux
autres passionnés d'arts martiaux dans le Sud, Pai yu-feng et Li
Chieng. Ensemble, ils codifient et s'enseignent mutuellement 170
mouvements qu'ils classifieront dans 5 styles : le tigre, le serpent,
le léopard, la grue et le dragon. C'est la véritable
naissance des styles externes de Kung-Fu. Chueh Yuan retournera au
monastère de Shaolin enseigner son nouvel art du poing et les
moines ne tardent pas à acquérir une réputation
d’invincibilité.
Plus tard, la légende raconte que le temple de Shaolin aurait
été détruit dans un incendie, et que les moines
survivants se seraient dispersés à travers la Chine,
propageant leur art de combat sous le nom de "Shaolin Su Kempo".
Durant la dynastie Ming, l'île d’Okinawa passera sous
la domination chinoise. Hasshi, nouveau roi de la dynastie locale Sho,
interdit toutes les armes sur l'île. Les insulaires n'ont d'autre
défense que leur technique de combat local. Les contacts de plus
en plus abondant avec les commerçants et émissaires
chinois introduit parallèlement l'art du poing (kempo) chinois
chez les habitants.
En 1609, Shimazu, seigneur féodal du clan de Satsuma, conquiert
les Ryu-Kyu, dont Okinawa. Lui aussi y interdit les armes. Naha, la
Capitale, est investie de samouraïs et de militaires. Les
habitants réagissent en s'entraînant avec une vigueur sans
pareille à leur nouvelle forme de combat, résultant de la
fusion des styles locaux et du kempo chinois. C'est l'Okinawa-Te, ou le
To-De. On s'entraîne en secret, la nuit, entre disciples de
confiance. Les pieds, les mains deviennent des armes redoutables.
C'est aussi durant ces périodes de répression qu'est
né le KOBUDO, l'art du maniement des armes paysannes,
Fléau, bâton (Bo), fourche, saï, etc.
L'art de combat à mains nues se développa surtout autour
de 3 villes : Naha - Shuri - Tomari et donna naissance à 2
styles majeurs.
Le Naha-Te était développé autour de la principale
ville portuaire, Naha, qui était un grand centre de commerce.
Cette méthode de combat était perpétuée par
Bushi (guerrier) Sakiyama (+.1819), Arakaki Kamadeunchu (1840-1920) et
Kanryo Higashionna (1851-1915).
Le Naha-Te est reconnu comme Shorei Ryu et évolua en Goju Ryu et
Uechi Ryu, qui sont les styles de karaté d'Okinawa aujourd'hui.
Le Shuri-Te est un style qui était développé
essentiellement dans la ville de Shuri, l'ancienne capitale d'Okinawa.
C'est là où vivaient le roi et les membres de la noblesse.
Le Shuri-Te est connu maintenant à Okinawa sous le nom de Shorin
Ryu (style de la jeune forêt), il donna aussi naissance au
Shotokan et au Wado Ryu au Japon.
Un autre style connu sous le nom de Tomari-Te est considéré comme une ramification du Shuri-Te.
Il faut noter que le Shuri-Te est caractérisé par des
mouvements rapides contrairement au Naha-Te qui a des mouvements plus
puissants.
Le Shuri-Te était un style plus offensif, il provenait des
techniques de combat chinoises du Nord, tandis que le Naha-Te
était plus défensif, de provenance du Sud.
Le Naha-Te semble avoir plus de techniques en contraction et met
l'accent sur la respiration et le contrôle du Ki (énergie
interne) .
Tandis que le Shuri-Te paraît être dérivé du
Shaolin Kempo, plus dynamique et plus rapide. La respiration doit y
être naturelle.
Il en est ainsi jusqu'au XX ème siècle :
l’Okinawa-te ne cesse de se fortifier, sous l'apport de
maîtres qui y consacrent leur vie entière. Politiquement,
les hostilités se sont évanouies. Le To-De n'a plus
vraiment sa raison d'être, sauf dans un but formateur et
éducatif. On l'enseigne maintenant aux jeunes dans les
écoles, sous la direction d'Ankoh Itosu et de Kanruo Higaonna.
Parmi ces jeunes : Kenwa Mabuni, Chotoku Kyam, Choki Motobu, Uden
Yahiku, Chojo Ogusuku, Chojun Miyagi , Gishin Funakoshi.
Entraînement de Karaté SHORIN RYU dans la cour du château de SHURI
En 1916 à Kyoto et en 1922 à Tokyo, Maître Funakoshi Gihin (1868-1957) fit une démonstration de ce nouvel Art Martial. Maître Jîgoro Kano, inventeur du Judo, présent à la démonstration de Tokyo fût très enthousiasmé.
Le gouvernement japonais proposa alors à Maître Funakoshi de rester au Japon pour y enseigner son Art. Il ouvrit alors son premier Dojo en 1936 à Tokyo . Il décida aussi de couper le lien avec l'Okinwa-Té en appelant cet Art le KARATE-DO ( KARA : Vide, Té : Mains, Do : voie). Par le préfixe DO, il voulait rappeler que la pratique du Karaté-do pouvait et devait être le chemin menant à l'épanouissement de l'individu, par une maîtrise du corps et de l'esprit, l'un ne devant jamais se séparer de l'autre.
Le karaté est donc la technique de combat de « la main vide ». C’est une forme de combat sans armes, mains et pieds nus. Cette méthode d’attaque et de défense repose exclusivement sur l’utilisation rationnelle des possibilités naturelles offertes par le corps humain ; elle consiste en un ensemble de coups frappés (atémis), soit des membres supérieurs (poing, main, coude, avant-bras), soit des membres inférieurs (pied, genou). Ces coups sont portés soit sur des points précis et vulnérables (points vitaux) du corps de l’adversaire, soit sur le membre avec lequel ce dernier attaque ; dans ce cas la technique frappée est un blocage, en soi déjà très éprouvant pour l’adversaire ; elle est alors immédiatement suivie d’une contre-attaque décisive, en général par un autre coup frappé. A noter que ces techniques de frappe sont complétées par des techniques de luxations, projections, et renversements. En fait le karaté comporte tous les moyens pour la mise hors de combat d’un assaillant.
KENWA MABUNI,le fondateur du shito-ryu est né le 14 novembre 1889 à shuri.
Enfant,Kenwa est de santé très fragile et cherche le moyen de devenir plus fort.
A l’age de 13 ans,Kenwa est introduit par un de ses amis chez le maitre Anko Itosu pour devenir son élève.
A l’age de 20 ans,kenwa étudie le Naha-te sous la direction de maître Kanryo Higaonna.
Vers 1929,Kenwa s’installe à Osaka et y ouvre un dojo.
Il établit une méthode à partir de deux enseignements,Itosu pour le Shuri-te et Higaonna pour le Naha-te.
A partir du nom de ses deux maître,il nomme son école Shito-ryu.
L’idéogramme SHI provient de ITO de ITOSU et l’idéogramme TO provient de HIGA de HIGAONNA,en effet,il existe deux manières de prononcer un même idéogramme.
Il meurt le 23 Mai 1952,et son fils ainé KENEI lui succède à la direction de l’école centrale de shito-ryu.
enseigné à Meulan depuis 1975. L'emblème du Shito-Ryû est celui de la famille du fondateur du style, Maître Kenwa Mabuni.

Cet emblème symbolise l'harmonie et évoque deux personnes qui concourent à maintenir la paix dans un cercle.
